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Ebrahim Raïssi grand favori d’une présidentielle peu mobilisatrice ce vendredi

Ebrahim Raïssi, ultra-favori de la présidentielle iranienne. – ATTA KENARE / AFP

Les Iraniens vétérinaires iraniens choisissent ce vendredi sans grand enthousiasme un nouveau président dans une élection qui devrait consacrer la victoire de l’ultra-conservateur Ebrahim Raïssi dans un pays durement touché par une grave crise économique et sociale. Le guide suprême Ali Khamenei a ouvert le scrutin en votant quelques minutes après 7h00 du matin. Il a appelé les 59,3 millions d’Iraniens en âge de voter à remplir leur “devoir” civique “le plus tôt” possible.

Après trois semaines d’une campagne électorale en demi-teinte, sur fond de mécontentement général face à la grave crise économique, les autorités ont décidé de prolonger la période d’ouverture des bureaux de vote, jusqu’à minuit avec une prolongation possible jusqu’à 2 heures du matin samedi. Il s’agit officiellement de permettre au plus grand nombre de se rendre aux urnes, alors que le pays est durement touché par la pandémie de Covid-19. Les résultats définitifs du scrutin sont attendus samedi à midi.

Vers une abstention record

Selon les rares sondages disponibles, l’abstention pourrait atteindre un niveau sans précédent et dépasser le record de 57% enregistré aux législatives de 2020. En 2017, le président Hassan Rohani, un modéré prônant une politique d’ouverture avec l’Occident et plus de libertés individuelles, a été réélu au premier tour. Le taux de participation avait été de 73 %, mais l’espoir qu’il suscitait a ensuite fait place à la désillusion. Face aux appels au boycott relayés sur les réseaux sociaux, Ali Khamenei a multiplié ces derniers mois les appels à participer en masse au scrutin pour élire un « président puissant ».

A 60 ans, chef de l’Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi est un archiviste favori, faute de concurrents à sa mesure après la disqualification de ses principaux opposants politiques. En 2017, face à Hassan Rohani, il a obtenu 38 % des voix. En mai, le Conseil des gardiens de la Constitution a autorisé sept hommes à se présenter, sur près de 600 candidats. Mais trois d’entre eux se sont ensuite retirés, dont deux ont appelé à voter pour Ebrahim Raïssi.

Priorité à la conjoncture

Le président a des prérogatives limitées en Iran, où la majeure partie du pouvoir est entre les mains du guide suprême. Le bilan d’Hassan Rouhani, qui ne peut briguer un troisième mandat de quatre ans cette année, est entaché par l’échec de sa politique d’ouverture après le retrait des Etats-Unis en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances.

Le mécontentement et la méfiance à l’égard des autorités s’expriment de plus en plus face à la grave crise économique et sociale provoquée par le rétablissement des sanctions américaines par l’administration Trump. En décembre et janvier 2017-2018 et en novembre 2019, deux vagues de protestations populaires de classe ont été violemment réprimées en Iran. Pour l’opposition en exil et les défenseurs des droits humains, Ebrahim Raïssi est l’incarnation de la répression et son nom est associé aux exécutions massives de détenus de gauche en 1988, une tragédie à laquelle il nie toute participation.

La priorité du prochain président devrait être la reprise de l’économie. Sur ce point, tous les candidats s’accordent pour dire que cela doit nécessairement passer par la levée des sanctions imposées sous Trump, objet de négociations à Vienne pour sauver l’accord en réintégrant les Etats-Unis.

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