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Et si c’était un gros bluff ?

La nouvelle est tombée samedi. Et elle ne sort pas directement des comptoirs des bars de la Silicon Valley ou des causeries nocturnes, mais de la très célèbre agence Bloomberg. Selon elle, ça y est : les voitures Apple sont sur la bonne voie et presque sur la route. En 2025, promis au jury, elle sera développée grâce au Titan Project, le Titan Project, la division pomme qui voit la voiture depuis des années. Et ce dernier n’est pas seulement le minimum, mais roule tout seul. Mais, pas grâce à de simples aides à la conduite et à des régulateurs adaptatifs, il existe un “cerveau” qui favorise directement l’autonomie de cette voiture au niveau 5 lorsque tous les constructeurs sont formés pour atteindre le niveau 3.

Personne n’a encore atteint le niveau 5 d’autonomie

Nous nous frottons les yeux et c’est difficile à croire, mais lorsque Bloomberg, la principale agence d’information économique au monde, lance de telles informations, nous les recherchons. D’ailleurs, le Parisien lui-même l’a relayé dans son édition dominicale. Une source sérieuse (Bloomberg), une entreprise géante connue pour son talent et son fonds de roulement (Apple) sont autant de facteurs qui nous convainquent de la crédibilité de cette annonce. Pourtant, nous avons quelques doutes. Apple n’est pas une si première annonce.

Depuis 2007, et il y a bien longtemps, Apple promet d’atterrir immédiatement dans cette voiture qui va révolutionner le marché. Chez Caradisiac, plus de 100 articles sont dédiés aux créateurs de l’iPhone. Même s’il faut bouleverser tout le monde de l’automobile, il faut beaucoup de temps pour développer une voiture pendant plus de 14 ans. Dès lors, l’attention s’impose face à cette ultime sortie entre les retards du projet Titan et les annonces fulgurantes qui sont régulièrement lancées. En particulier, aucune marque automobile ne peut (certainement) lancer une voiture avec un niveau d’autonomie 5 d’ici quatre ans. Et aucun État ne veut légaliser cette technologie dans ce délai.

Le patron d’Apple, Tim Cook, a annoncé un prototype différent de celui d’octobre.

Mais si vous doutez de la crédibilité de l’annonce de cette semaine, ce n’est pas seulement pour des raisons techniques et juridiques que même un empire comme Apple a du mal à surmonter. C’est simplement parce que le groupe n’est pas du tout intéressé par la construction de voitures.

Que fait Apple dans cette tourmente ? Pourquoi lui, qui a réalisé une marge de près de 50% sur l’iPhone au fil des années, accepte-t-il de la réduire à 6-8%, comme la moyenne des marques généralistes ? Ou est-ce au plus 10-12%, comme dans la tradition du premium et du luxe ? La fabrication, la vente, l’entretien et la réparation de voitures sont des emplois à long terme, avant même que l’entreprise ne soit rentable et que l’investissement ne soit énorme. Elon Musk l’a remarqué. Il a fallu 17 ans à Tesla pour gagner de l’argent. Outre les bourses, le patron d’Apple, Tim Cook, devrait déjeuner avec lui, échanger quelques bons plans et donner des conseils, car ce sont pour la plupart des voisins.

Plein d'hallucinations, l'illustrateur se déchaîne pour imaginer l'intérieur d'une voiture autonome Apple qui devrait rouler d'ici quatre ans.
Plein d’hallucinations, l’illustrateur se déchaîne pour imaginer l’intérieur d’une voiture autonome Apple qui devrait rouler d’ici quatre ans.

Mais en réalité, Tim Cook est bien conscient qu’il ne construit jamais de voiture. L’Apple Car sera un simple démonstrateur, un prototype destiné à impressionner Bloomberg, les médias, et surtout les constructeurs automobiles. L’idée du patron de Cupertino permet de mettre très facilement son “cerveau”, une technologie autonome, créée par les ingénieurs du Titan Project, plutôt que d’alourdir la création d’usines d’assemblage, de réseaux de concessionnaires et leur service après-vente. servira ceux qui sont déjà impliqués dans ce processus très lourd : les fabricants traditionnels. Apple n’est qu’un super équipementier qui a (probablement, bien sûr) convaincu de démarrer du bon pied avec Bosch et autres Valeo. De plus, il aurait déjà maîtrisé la langue dans plusieurs marques. On ne sait pas encore qui sera l’autre sous-traitant. Apple pèse souvent plus que les interlocuteurs. Renault se dit ouvert au débat, sachant que les négociations avec Hyundai Motor Group, qui craint que les Coréens ne perdent le contrôle de l’opération, ont déjà trébuché. C’est donc une affaire à suivre, mais elle n’est pas comprise par les agences Bloomberg.

Et si c’était un gros bluff ?

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