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Facebook veut bannir les entreprises gérées par la junte

Après qu’une plainte a été déposée par des réfugiés rohingyas parce que Facebook n’est pas responsable de la gestion de la haine en ligne, les réseaux sociaux vont supprimer les comptes liés à la junte du pays.

La société mère de Facebook, Meta, a l’intention d’interdire toutes les pages et tous les comptes appartenant à des sociétés soutenues par la Birmanie, a-t-elle annoncé mardi 8 décembre, insistant sur les restrictions imposées à la junte.

L’armée birmane a de vastes intérêts commerciaux dans une variété d’industries telles que la bière, le tabac, les transports, les textiles, le tourisme et la finance.

Selon des militants et des groupes de défense des droits, ces industries ont financé des mesures de répression et des abus bien avant le coup d’État militaire du 1er février.

Fin février, Facebook a supprimé tous les comptes liés à l’armée en raison de l’usage meurtrier de la force par la junte contre les opposants au coup d’État. Nous avons également supprimé les publicités des entreprises militaires sur la plateforme.

Prêts pour violence

“Actuellement, Meta supprimera également les pages, les groupes et les comptes qui représentent des entreprises contrôlées par l’armée”, a déclaré le groupe dans un communiqué mardi.

La décision est “basée sur une documentation abondante de la communauté internationale sur le rôle direct de ces entreprises dans le financement de la violence et des violations des droits humains en cours” par l’armée birmane, a-t-il déclaré.

Le groupe a ajouté que Meta a spécifiquement fait référence au rapport de l’équipe d’enquête de l’ONU sur les intérêts économiques de l’armée comme le « fondement » de sa prise de décision.

Les pages des sociétés de Myawaddy Trading Ltd, Myawaddy Bank et Myanmar Beer citées dans ce rapport de 2019 sont similaires aux pages d’une société de production de films appartenant à la fille du chef de la junte militaire Min Aung Hlaing.

Interrogé par l’AFP sur le temps nécessaire pour bloquer toutes les pages de la société défenderesse, Meta n’a pas répondu dans l’immédiat.

Le réseau le plus populaire et le plus influent de Birmanie, le géant américain, a été critiqué pour ne pas avoir répondu aux appels à la violence liés au massacre des Rohingyas, une minorité de musulmans persécutés en Birmanie en 2017. A causé la fuite d’environ 740 000 Rohingyas vers le Bangladesh.

Plaintes déposées par les Rohingyas

Des réfugiés rohingyas se sont plaints lundi à Facebook et ont demandé 150 milliards de dollars de compensation aux réseaux sociaux les accusant d’avoir laissé le message de haine ciblant les minorités ethniques se propager sur la plateforme.

Une procédure déposée devant un tribunal californien dont le siège est à Facebook allègue que les algorithmes utilisés par les géants de la haute technologie ont favorisé la désinformation et l’idéologie extrémiste, provoquant la violence dans le monde réel.

Pressé aux Etats-Unis et en Europe pour lutter contre les fausses informations sur l’épidémie de Covid-19 notamment, lors du scrutin, Facebook en a lancé plusieurs, dont l’AFP, dans le but de vérifier les publications en ligne et de supprimer les fausses publications. .

Victoria Beurnez avec l’AFP

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