Divertissement

François Ozon-Grâce à Dieu : “Les victimes voulaient un coup de projecteur”

Avec Grace to God, les cinéastes tendent la main aux victimes du scandale pédophile à Lyon dans un film époustouflant qui mélange les genres (mélodrame, thriller, recherche cinématographique). A l’avant-première, il revient sur ce qu’il présentait comme un coup de projecteur en France.

France 2 sera diffusée pour la première fois en clair ce soir. Grâce à Dieu, le drame acclamé de Swann Arlaud par François Ozon, qui a remporté le César du meilleur second rôle. Nous avons rencontré le cinéaste début 2019, peu avant la sortie du film en salles. Ceci est un extrait de son interview.

Dieu merci : films fidèles à l’ozone [Critique]

Entretien du 18 février 2019 : On a du mal à imaginer François Ozon se laisser entraîner au cinéma.Dossier d’écran“L’horrible film français Anfan ne l’aime pas assez pour embrouiller le public. Ce disciple du grand formaliste américain (dirigé par Hitchcock et Depalma) s’amuse presque toujours à distiller le malaise. Tisser un piège-Revue amant double.. En bon cinéaste inconscient, il aime tourner des paysages spirituels pour mettre en lumière les masses, les priver de certitudes, et révéler les pulsions les plus souterraines de son personnage. Beaucoup ont été surpris d’apprendre que ce génie de Trompe-l’Ouille travaillait sur un film à scandale pédophile qui a rebondi sur le diocèse de Lyon. Et en fait Grâce à Dieu collision. Étonnamment, son classicisme apparent, sa (toute) relative atonie formelle et ses soucis de crédibilité (Ozone emprunte clairement au genre procédural). Mais son lien avec les films précédents est clair dès la première image. Le combat contre la foi et l’institution, l’environnement suburbain oppressant, ou l’incroyable mise en scène de l’acteur, cela pousse Melvil Poupaud, Dennis Menochet et Swann Arlaud dans un nouveau territoire, un niveau inattendu. Tout cela méritait un enjeu avec le cinéaste pour explorer son rapport à l’actualité et suivre son filigrane filmographique illusoire et foisonnant. Un rendez-vous dans son bureau au cœur de Paris, loin de l’agitation du monde.

Premièrement : Première surprise Grâce à Dieu Vous voir aborder un sujet brûlant pour la première fois. Comment est né ce désir ?

François Ozon : Pour être honnête, je n’avais aucune envie de faire un film sur ce qui se passe maintenant. Après avoir beaucoup parlé des femmes avec des personnalités, j’ai eu envie de faire l’histoire d’un homme qui souffre.Et je suis tombé sur mon site en cherchant un sujet Le discours a été publié. J’y ai lu le témoignage absolument incroyable d’Alexandre, un homme profondément catholique qui s’est rendu compte à l’âge de 40 ans que le prêtre qui l’a maltraité était toujours en vie et s’occupait de ses enfants. .. Et ceux qui veulent agir soudainement.

Était-ce évident d’en faire un film ?

Oui. Cependant, vous n’êtes pas nécessairement obligé de créer un lien vers les nouvelles au début. Jusqu’à ce que je rencontre Alexandre, il arrivait à notre rendez-vous avec un gros fichier contenant tous ses échanges de mails…

Vous les a-t-il sans doute laissés ?

Oui, car Alexandre et ses compagnons ont déjà rencontré beaucoup de médias. Leurs dossiers sont prêts.”Clé en main“En parlant de cela, devant lui, avant de rencontrer François, qui continuait à se battre, je lui ai demandé de me raconter son histoire. Contrairement à lui. Devant un nouveau personnage athée incroyable. Je me suis rendu compte que, alors qu’Alexandre avait la foi, mon le désir d’en faire un film était encore plus élevé.

Pourquoi avoir choisi la fiction plutôt que le documentaire ?

C’était ma première idée, mais je sentais que ce serait compliqué de leur faire dire tout ce qu’ils m’ont dit lors de l’échange devant la caméra. Leurs paroles n’ont été libérées que parce que j’étais convaincu que j’obtiendrais leur témoignage et le transformerais en fiction.ils adoraient Projecteur [le film de Tom McCarthy sur le scandale d’abus sexuels couverts par l’Église à Boston] Et ils les voulaient Projecteur !! Je n’ai pas hésité longtemps car je suis de la fiction et c’est exactement ce que je fais. Tout en constatant qu’il n’y a pas assez de personnages. Ceux qui souffrent davantage pour représenter ceux qui n’ont pas encore réussi. Alors je leur ai demandé conseil, et ils m’ont guidé vers Pierre Emmanuel. Je l’ai rencontré pour créer une sorte de personnage patchwork avec quelques autres.

Si l’affaire n’a pas encore été tranchée en appel, vous avez décidé de ne pas changer les noms des différents protagonistes. Avez-vous craint la possibilité d’une attaque judiciaire? (Le film a ensuite été légalement attaqué pour retarder sa sortie. Malgré ces tentatives de l’équipe de défense du père Planat, le film sera projeté en salles le 20 février 2019.)

Je me suis évidemment posé une question. Mais renommer, par exemple appeler le cardinal Barbaran, aurait été complètement hypocrite. Tout a déjà été dit dans les journaux, les livres, les reportages… Je n’ai rien suggéré de nouveau sur cette affaire. Je ne m’intéressais qu’aux victimes et à l’impact de la libération de leur discours. C’est pourquoi j’ai choisi de raconter l’histoire de leur point de vue, et pourquoi je n’ai pas essayé de rencontrer les gens de l’église que j’aurais été si j’avais traité le sujet en mode documentaire. De plus, tout le monde sait déjà tout ce qui est dit dans le film, alors j’ai demandé à un avocat qui m’a assuré qu’il n’y avait aucun problème pour lire le scénario. Je ne dis pas les faits au lieu de la justice. Si je crois aux victimes, j’apporterais même une humanité particulière aux membres du sacerdoce catholique…

Avez-vous repris le sujet actuel et changé le style d’écriture ?

Je me sentais responsable : la responsabilité de ne pas trahir les gens que j’ai rencontrés. Je voulais “héroïque“Comme le fait Soderbergh dans Erin Brockovich. Mais je n’ai pas eu besoin d’en rajouter. C’est héroïque de lâcher ses paroles dans une famille catholique et conservatrice ! Ils C’est héroïque de mener la bataille qui a mené ! les autres membres, c’est héroïque !L’écriture est rapide et transparente car la réalité me rendait les choses tellement folles Le plus compliqué a finalement été le financement.

Swann Arlaud rend hommage aux victimes dans le discours de César. “C’est un héros”



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