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“Il était extrêmement déterminé à provoquer un carnage …” Le profil inquiétant du tireur

Un gendarme à Saint-Just, le village où trois militaires ont été tués dans la nuit du 22 au 23 décembre 2020 – OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

  • Trois gendarmes ont été tués et un quatrième blessé dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Just (Puy-de-Dôme) alors qu’ils intervenaient pour secourir une femme menacée par son compagnon. Ce dernier, qui a attaqué les militaires, a été retrouvé mort au petit matin près de son véhicule.
  • Ce père de 48 ans, qui avait reçu une formation militaire, avait tout un arsenal à ses côtés: un pistolet Glock à la main, un fusil d’assaut équipé d’un silencieux, d’une torche et d’un système. viseur laser et quatre couteaux à sa ceinture.
  • Selon le parquet de Clermont-Ferrand, ce pratiquant de tir sportif se prétendait un catholique très pratiquant et était un adepte des cours de survivalisme, convaincu de la fin du monde à venir.

«C’est l’un des événements les plus tragiques» de l’histoire de la gendarmerie, selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Le bilan est en effet très lourd. Trois militaires appartenant à la compagnie d’Ambert ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi dans un hameau isolé près de Saint-Just (Puy-de-Dôme), alors qu’ils intervenaient pour secourir une femme menacée par son compagnon. Cet homme au profil inquiétant, âgé de 48 ans, s’est enfui après avoir ouvert le feu sur les gendarmes “de calibre de guerre”, a raconté 20 minutes une source proche de l’enquête. Son corps sans vie a été retrouvé aux petites heures du matin près de sa voiture.

Tout a commencé un peu avant 21 heures, quand une femme a appelé les gendarmes. Elle les prévient qu’une de ses amies s’est réfugiée sur le toit de sa maison pour échapper à son nouveau compagnon, qui la maltraitait. Mère de deux filles, Sandrine S. était seule avec lui ce soir-là quand il a commencé à la frapper au visage. Une patrouille s’y rend. Arrivés vers 21h30, les gendarmes échangent des SMS avec la victime, qui les prévient que son compagnon, Frédérik Limol, est armé et dangereux. Pour ne prendre aucun risque, ils demandent des renforts. Des gendarmes du Psig (pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) d’Ambert et de Clermont-Ferrand, ainsi qu’un négociateur, sont partis et sont arrivés sur les lieux vers 22h15.

Une chronologie des faits encore floue

Alors qu’un périmètre de sécurité se met en place, Frédérik Limol ouvre le feu avec l’une des nombreuses armes que possède ce pratiquant de tir sportif. Touchés, trois soldats ont succombé à leurs blessures. Il s’agit d’Arno Mavel, un brigadier de 21 ans, du lieutenant Cyrille Morel, 45 ans, et de l’adjudant Rémi Dupuis, 37 ans. Appelés sur les lieux du drame, le Samu ne peut rien faire pour les faire revivre. Un quatrième gendarme est également touché. Heureusement, la balle est logée dans “un petit espace du gilet pare-balles qu’il portait”, explique, visiblement ému, le procureur de Clermont-Ferrand, Eric Maillaud, lors d’une conférence de presse mercredi en fin d’après-midi. «Il a miraculeusement survécu. “

La séquence des événements est encore confuse. «Il faudra du temps pour parvenir à reconstruire précisément la chronologie» des faits, estime le magistrat, qui n’a pas «toutes les réponses». Ce qui est certain, c’est que les gendarmes parviennent à abriter Sandrine S. pendant que la maison, incendiée par son compagnon, est consumée. Frédérik Limol parvient à s’échapper dans un 4×4 qui se retrouvera aux petites heures du matin, à un peu plus d’un kilomètre de chez lui. Il semble qu’il ait perdu le contrôle de son véhicule avant de s’écraser dans un arbre. Son corps sans vie a été découvert à quelques mètres de là. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’est suicidé avec un pistolet Glock. Il portait un gilet pare-balles et était en possession «d’un fusil d’assaut équipé d’un silencieux, d’une torche et d’un système de visée laser» et de quatre couteaux.

“Il était extrêmement déterminé à provoquer un carnage”, a déclaré le procureur, qui décrit “une vraie scène de guerre” avec “des centaines et des centaines de cartouches” retrouvées sur le terrain. “C’est une scène de crise complexe, nous sommes loin d’avoir toutes les réponses”, ajoute-t-il. L’agresseur, qui était en formation pour devenir élagueur, avait vécu à Saint-Just “depuis quatre ou cinq ans”, explique François Chautard, le maire de ce village d’environ 150 habitants. Frédérik Limol et sa compagne “n’ont pas participé à la vie de la ville”. «On les a vus peut-être deux ou trois fois en mairie pour demander des informations, mais c’est tout. “Choqués”, les habitants de Saint-Just ont été pris en charge par l’unité psychologique mise en place dans la salle des fêtes.

Un profil “extrêmement inquiétant”

Frédérik Limol avait, dans le passé, suivi un “entraînement militaire relativement court” et était “parfaitement aguerri dans le maniement des armes, malheureusement”, indique Eric Maillaud. Il a notamment pratiqué le tir sportif en compétition, notamment au sein du club de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) où il a vécu un temps. Son profil est, selon le procureur, «extrêmement inquiétant». Ce “catholique très pratiquant”, pour ne pas dire “extrémiste”, était “convaincu de la fin du monde” et avait suivi des cours de survie. Hospitalisé, son compagnon n’a pas encore été entendu par les enquêteurs. Eric Maillaud indique qu’il n’y avait “aucun antécédent connu de violences conjugales, aucune plainte pour menaces concernant le couple”.

En revanche, Frédérik Limol avait été marié pour la première fois à une autre femme, Catherine A. Ensemble, ils ont eu une fille en 2013. Le divorce avait eu lieu deux ans plus tard, et un différend avait surgi entre eux au sujet du paiement. pension. “Il passait un mauvais moment à ne pas pouvoir rencontrer sa fille à sa convenance”, précise également le magistrat. L’enquête, confiée à la section de recherche de Clermont, permettra de mettre en lumière ce qu’Eric Maillaud qualifie d ‘«horreur criminelle».

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