France

“La dynamique est plutôt bonne, on ajoute enfin des vols”, souffle le patron de l’aéroport

Franck Goldnadel, nouveau président des Aéroports de la Côte d’Azur, le mardi 20 octobre 2020 à l’aéroport de Nice (Archives) – F. Binacchi / ANP / 20 minutes

  • L’aéroport de Nice a annoncé pour cet été un millier de vols par semaine, 90 destinations, 37 pays et de nouvelles perspectives internationales, vers New York et Dubaï.
  • Malgré ce programme, Franck Goldnadel, président du directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur, indique que l’un des deux terminaux de l’aéroport de Nice restera fermé jusqu’à la fin du premier trimestre 2022.

Mille vols par semaine, 90 destinations, 37 pays et de nouvelles perspectives internationales, vers New York et Dubaï. En annonçant son programme d’été la semaine dernière, sous réserve de l’évolution des conditions de santé liées à l’épidémie de Covid-19, l’aéroport de Nice a donné des perspectives encourageantes pour la reprise du tourisme après des mois de régime. sec.

L’opportunité de faire le point sur la situation avec le patron de la troisième plateforme aéroportuaire française, alors qu’une possible sortie de crise se profile à l’horizon. Franck Goldnadel, Président du Directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur, répond aux questions de 20 minutes.

Quelles conclusions avez-vous tirées de ces treize derniers mois?

Nous terminons 2020 avec 4,6 millions de passagers, loin de la fréquentation enregistrée en 2019 [14,485 millions de visiteurs]. C’est une année terrible pour tout le monde. Mais cela n’aura pas été inutile. Nous avons continué à développer nos processus opérationnels. Nous avons mis en place un nouveau PC pour gérer l’activité quotidienne et nous avons continué à investir dans trois domaines: l’aéronautique et la sécurité sanitaire, les mises à niveau et l’environnement [l’aéroport s’est engagé à ne plus émettre de CO2, pour ses activités au sol, d’ici 2030].

Risquez-vous de faire des prévisions de fréquentation pour 2021?

On pensait que le premier trimestre serait plutôt faible et que le second signerait une phase de rebond avec l’avancée de la vaccination et l’ouverture des frontières. Mais le troisième confinement est arrivé et il a également commencé avec nous. Les Azuriens n’avaient pas forcément la capacité de voyager et les voyageurs qui pouvaient se déplacer ne voulaient pas forcément venir dans un endroit avec des restrictions spécifiques le week-end. Il faut donc être prudent. Je peux au moins dire que nos projections laissent penser que l’été sera à 50%, voire 55%, de l’activité de l’été 2019. Actuellement, la dynamique est plutôt bonne. Pour terminer. Nous continuons à ajouter plus de vols.

Les entreprises sont-elles capables de s’adapter rapidement aux annonces du gouvernement?

C’est l’une des leçons de cette crise. Les entreprises ont beaucoup gagné en agilité. Ils peuvent planifier des vols très rapidement. Il nous appartient d’être à la hauteur de la tâche de les accompagner tout en garantissant une sécurité maximale dans l’aéroport. Le programme de relance est fort sur le trafic intérieur, avec les grandes capitales régionales. Il y a aussi une reprise sur le faisceau européen grâce à des mesures cohérentes entre les pays. On assiste également au retour des vols long-courriers avec notamment les États-Unis. Nous n’avions pas cette visibilité l’année dernière.

En décembre, vous envisagiez de rouvrir le terminal 1, inutilisé depuis le premier confinement, pour cet été. Qu’est-ce que c’est finalement?

Il restera fermé, pour le moment. Les prévisions de trafic pour l’été, pas plus que celles pour l’automne, n’imposent pas de le rouvrir. J’espère que nous en aurons besoin d’ici la fin du premier trimestre de 2022. C’est ce que nous voulons tous.

Fin 2020 encore, vous avez signé un accord partiel d’activité à long terme sur trois ans. Il sécurise l’ensemble de vos emplois directs, soit près de 600?

Nous avons pris cet engagement car je suis convaincu que Nice sera l’un des aéroports qui retrouvera son activité nominale le plus rapidement possible. Celui de 2019. Et c’est grâce à des agents qui connaissent leur métier qu’il a été réalisé. Se séparer de cette expertise serait un drame pour eux, mais aussi pour l’entreprise et pour l’ensemble du territoire. Les mesures prises permettent donc de préserver ces emplois.

Ne faut-il pas craindre que certains des 5 400 autres emplois induits et liés à l’activité de l’aéroport n’aient pas résisté à la crise?

Nous avons essayé, avec nos prestataires et concessionnaires, de faire de notre mieux pour l’éviter. Nous avons donné de la visibilité. Nous avons adapté nos contrats pour les accompagner au maximum. Il est impossible de dire aujourd’hui si certaines entreprises ont dû prendre ce genre de décision malgré les aides d’État et le chômage partiel. Ce n’est qu’à partir de l’automne que nous pourrons commencer à faire le point sur ce bilan.

Critiqué par les militants écologistes, votre projet d’extension du Terminal 2 est-il toujours d’actualité dans ce contexte?

C’est parfaitement logique aujourd’hui. Nous devons accueillir nos clients avec le niveau de qualité exigé sur la Côte d’Azur. Les installations ont été plus que saturées à l’été 2019. Nous ne savons pas comment gérer le trafic 2019, qui reviendra, dans nos installations actuelles. Et le deuxième élément important est que les mesures de protection de la santé et les gestes de barrière resteront, je l’espère, dans nos habitudes après une crise. Il faut donc de l’espace pour pouvoir les garantir. Le projet lui-même répondra donc à ces deux attentes principales. Et nous travaillons constamment à l’améliorer.

A terme, au-delà de la crise, l’objectif est-il aussi d’accueillir plus de passagers? La direction de l’aéroport comptait sur quatre millions de passagers supplémentaires par an.

Une chose est sûre: si nous avons plus d’espace dans nos terminaux, nous pourrons accueillir plus de passagers. Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il y aura plus d’avions en vol et plus de nuisances. J’ai encore quelques explications et démonstrations à faire à ce sujet. Dans les infrastructures que j’ai dû gérer dans le passé [Franck Goldnadel a notamment été directeur de l’aéroport d’Orly, puis de l’aéroport Charles-de-Gaulles, à Paris], nous avons pu avoir plus de clients avec moins d’avions.

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