France

L’association L214 dévoile l’horreur d’un abattoir de truies Intermarché en Bretagne

Finistère: L214 dénonce les pratiques d’un abattoir appartenant au groupe Les mousquetaires – 20 minutes

  • L’association L214 a diffusé des images d’horreur d’un abattoir de truies situé dans le Finistère.
  • Propriété du groupe Les Mousquetaires, l’établissement avait déjà été averti par les autorités sanitaires de ses manquements au règlement.
  • Des images d’animaux blessés mais aussi des abus subis par des truies mal orientées ont été révélés. L’association a déposé une plainte. L’entreprise a décidé de suspendre la ligne de production.

Les images montrent ce que vous ne voyez jamais. Un abattoir vieillissant où des milliers de truies sont entassées chaque semaine pour être tuées puis découpées. Les vidéos tournées par l’association L214 ne sont jamais agréables à regarder. Celles réalisées en février dans l’enceinte de la Société briécoise d’attage (SBA), dans le Finistère, ne font pas exception.

Dans cette unité appartenant au groupe Intermarché, les truies «de réforme» sont abattues. Appelées «coachs», ces femelles souvent âgées de trois ou quatre ans sont «en fin de carrière» après une vie passée sur un plancher à lattes donnant naissance à des porcelets, dont elles seront rapidement privées. Sans voir la lumière du jour, ou presque. Leur dernier voyage n’est pas meilleur. Dans les images prises par L214, on voit des animaux blessés mais surtout paniqués, qui tentent de s’échapper. Sans solution, les employés utilisent des aiguillons électriques, parfois dans les yeux ou dans l’anus, pour les faire avancer dans un mauvais tunnel. L’horreur atteint son apogée dans une boîte d’immobilisation sous-dimensionnée où les travailleurs utilisent une pince électrique pour maîtriser les truies les plus véhémentes. Une pratique pénible et interdite.

Un site déjà notifié en 2016

Ce mardi, l’association a déposé une plainte contre le groupe Agromousquetaires pour “abus graves”. Elle a également intenté une action en responsabilité contre l’État, qu’elle accuse de manquements. Car l’implantation de Briec avait déjà été épinglée en 2016, après une vague d’audits demandée par le ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Le Foll. Des non-conformités avaient été révélées lors de l’immobilisation et lors du voyage vers ce que les autorités appellent «le piège». “Rien n’a été fait depuis et ces images le prouvent”, a déclaré Sébastien Arsac, l’un des porte-parole de L214. Il y a de vrais problèmes structurels et ils ne sont pas résolus. Les employés font ce qu’ils peuvent et nous ne voulons pas les submerger. Mais ces images nous ont choqués, elles montrent que les réglementations, déjà minimales, ne sont pas respectées. Il y a de la souffrance. “

L’entreprise suspend la ligne de production

L’utilisation d’un stinger électrique est, par exemple, interdite dans tout établissement labellisé bio ou Label Rouge. «Les images sont choquantes et la direction de la Société briécoise d’attage comprend l’émotion qu’elles peuvent susciter auprès du public. Dès que ces images ont été prises en considération aujourd’hui, la direction de la Société Briécoise d’Abattage a décidé, par mesure de précaution, de suspendre temporairement la ligne de production concernée », a réagi le groupe dans un communiqué.

Les truies mortes sont treuillées sur des animaux vivants. Une pratique dénoncée par les autorités sanitaires. – Association L214

L’association L214 espère “une fermeture administrative immédiate” de l’abattoir, le temps de réaliser un audit précis au sein de l’établissement. L’entreprise évoque pour sa part “des audits internes et des investigations qui ont été immédiatement menés, en lien avec les autorités sanitaires”. Dans cet abattoir, qui voit passer 2 300 truies par semaine, le groupe agroalimentaire prépare certaines pièces de charcuterie utilisées en pâtés, rillettes ou saucisses. Des pièces pas vraiment nobles qui sont ensuite utilisées pour la conception de produits des marques Intermarché mais aussi de clients de renom comme Aoste, Hénaff ou Bordeaux Chesnel. «Sur son site, l’abattoir veut montrer qu’il a de bonnes pratiques et prend en compte le bien-être animal, mais la réalité est bien différente. Ce que nous voulons, c’est dénoncer ces pratiques routinières. Nous avons plus de cinq heures d’images dans lesquelles nous pouvons voir les infractions. On ne comprendrait pas qu’il ne ferme pas », poursuit l’activiste de L214.

“Pourquoi ne font-ils rien? Cependant, ils en ont les moyens”

Poids lourd de l’abattage en Bretagne, le groupe Intermarché compte trois établissements. C’est la première fois que la chaîne de distribution est pointée du doigt par l’association pour la défense du bien-être animal. «Ce que nous ne comprenons pas, c’est pourquoi ils ne font rien. Pourtant, ils en ont les moyens. Ce n’est pas un petit abattoir de la ville », critique l’association.

Depuis plusieurs mois, l’association a révélé plusieurs cas de maltraitance animale, notamment dans des élevages de poulets en Vendée et dans les Côtes d’Armor. Mais aussi dans un élevage de canards utilisé par l’industrie du foie gras, situé à Lichos, dans les Pyrénées-Atlantiques. Des enquêtes administratives ont été ouvertes pour faire la lumière sur les conditions de vie des animaux.

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