Santé

Pourquoi la kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée dans certains cas

Pour la bronchiolite, la kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée pour les enfants de moins de 1 an après 2019. Certaines méthodes sont même contre-indiquées. Mais en réalité, cette pratique n’est pas interdite.

La kinésithérapie respiratoire, longtemps considérée comme un traitement important de la bronchiolite, est déconseillée dans certains cas par la HAS depuis 2019. “La kinésithérapie respiratoire pour la clairance bronchique n’est plus recommandée aujourd’hui. Pour l’épisode 1” Pour les bébés de moins de 12 mois, écrit la HAS dans un avis daté de novembre 2019.

“Il n’y a aucune preuve de cette méthode. Chez les enfants les plus sévèrement hospitalisés, la kinésithérapie respiratoire est non seulement inutile, mais certainement contre-productive. Elle aggrave l’état des enfants déjà fatigués et ayant des difficultés à respirer.” Et l’estimation du Pr Pierre- Louis Druais, médecin généraliste et vice-président du comité de recommandation de la HAS.

En quoi consiste la kinésithérapie respiratoire ?

La bronchiolite peut apparaître chez les bébés de moins de 2 ans qui ont un rhume, suivi d’une toux et d’une respiration sifflante. Les enfants peuvent être gênés non seulement de manger et de boire, mais aussi de respirer. Si elle reste rare, une hospitalisation s’impose.

La kinésithérapie respiratoire, qui peut prendre de multiples formes, “vise à déplacer le mucus des bronches vers la gorge par pression des côtes et des mains abdominales. “Renvoi du mucus vers la gorge.”, explique une page du CHU de Bordeaux consacrée à cette technique. . “Ces techniques de physiothérapie peuvent être impressionnantes, mais elles ne sont ni douloureuses ni dangereuses”, souligne-t-il.

Le kinésithérapeute Antoine Rousseau explique à BFMTV.com en kinésithérapie respiratoire, “Nous traitons les symptômes de la maladie, mais pas le remède.” Il souligne en outre que “les kinésithérapeutes sont paramédicaux et ne verront jamais un enfant sans recommandations médicales sans l’accord du médecin traitant qui ausculte en premier lieu le bébé malade”.

Après avoir pratiqué ce geste, Sébastien Guérard, président de la FFMKR (Fédération française des kinésithérapeutes et masseurs de réadaptation), explique à BFMTV.com que son chemin n’est plus obstrué.

Les recommandations sont pour les enfants de moins de 12 mois

Il faut souligner ici que les recommandations de la HAS concernent une partie très spécifique du patient : « la prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë du nourrisson < 12 mois ». Cependant, la bronchiolite affecte les nourrissons jusqu'à environ 2 ans et peut survenir plusieurs fois.

Dans le cas de la HAS, “les techniques de drainage postural, de vibration et d’applaudissements respiratoires sont contre-indiquées pour les bronchiolites aiguës”, “l’augmentation du débit expiratoire (AFE) est due aux nourrissons hospitalisés, c’est-à-dire aux bronchiolites sévères. Déconseillée aux bébés.. La kinésithérapie respiratoire peut être discutée si l’enfant présente des comorbidités, mais n’est « pas recommandé » en ambulatoire faute de données.

« Formes bénignes, formes non hospitalisées, celles-ci sont clairement inutiles et ne nécessitent pas de kinésithérapie car il n’y a aucune preuve d’apporter quoi que ce soit au bébé », explique Pierre-Louis Druais.

En tout cas, Antoine Rousseau souligne que la kinésithérapie respiratoire n’est pas systématiquement pratiquée dès que l’enfant tombe malade. Après la recommandation d’un médecin, “On regarde l’état et l’âge du bébé. S’il est trop jeune ou trop fatigué, il ne le fait pas forcément.” Il souligne en outre que les techniques citées dans le rapport ont évolué et que « les applaudissements sont terminés ».

Manque de données sur cette pratique

“Les kinésithérapeutes français n’ont pas pratiqué ces techniques depuis des décennies”, citant vibrations, applaudissements et drainage postural pour garantir l’Ordremk (l’ordre des kinésithérapeutes). Déclaré par le kinésithérapeute respiratoire BFM Lyon Philip Jude en février 2020, « Nous pratiquons désormais la plupart du temps très lentement et nous nous adaptons à nos enfants, qui sont moins gênés par nos opérations. J’essaierai de ne pas le faire.

Ainsi, les recommandations de la HAS ne s’adressent qu’à certains patients atteints de bronchiolite, et la kinésithérapie respiratoire n’est actuellement pas réellement interdite. « Les recommandations de la HAS sont non normatives, rappelle Sébastien Guérard.

De plus, selon eux, il n’y a pas de notion de danger et le manque de données sur l’efficacité de la kinésithérapie respiratoire est particulièrement souligné. “Il manque des recherches pour prouver que cela présente un intérêt, c’est ça le problème”, déclare Philip Jord.

« S’il vous plaît, nettoyez le nez de votre bébé et dites-moi comment le faire. »

La publication de ces recommandations pourrait nuire à la profession et éloigner les parents de leur pratique pour les kinésithérapeutes interrogés par BFMTV.com, mais leur rôle se situe dans la pratique de la kinésithérapie respiratoire. Je fais face à une bronchiolite.

Dans cette situation de maladie, en consultation avec un kinésithérapeute, “vous pouvez voir le patient au quotidien, suivre son évolution, et envoyer le patient à l’hôpital uniquement lorsque la situation s’aggrave”, explique Sébastien Guérard. .. Leur intervention permet par exemple d’éviter un passage systématique en urgence enfant dès que l’enfant a des difficultés respiratoires. Le praticien doit en effet « surveiller » l’état du bébé et s’accorde avec le CHU de Bordeaux. “Si nécessaire, il vous dira si vous devez consulter votre médecin ou si votre bébé doit être hospitalisé.”

Il y a aussi des aspects pédagogiques et pédagogiques, car les kinésithérapeutes doivent aussi intervenir “pour nettoyer le nez du bébé et montrer aux parents comment s’y prendre”, explique le CHU de Bordeaux.

En plus de la kinésithérapie respiratoire, la HAS peut effectivement limiter les symptômes du bébé en cas de maladie légère ou modérée, grâce à “une technique qui nettoie les voies aériennes supérieures sans aspirer le nasopharynx”. « La prise en charge repose, entre autres, sur un nettoyage nasal régulier et un suivi des signes de détérioration de l’état du bébé, précise-t-elle.

Des pratiques toujours liées

Suite aux recommandations de la HAS, une année de très faibles épidémies de bronchiolite s’en est suivie en raison du geste barrière et du confinement lié au Covid-19. Il est donc difficile pour un kinésithérapeute d’évaluer l’impact de ces recommandations sur le patient. « Certains médecins cessent de prescrire de la kinésithérapie respiratoire, mais d’autres continuent, précise Sébastien Guerard.

Cependant, les premières observations à ce sujet ont commencé récemment, alors qu’une nouvelle épidémie de bronchiolite est désormais généralisée et promet d’être plus forte que la précédente. “Oui, je vois mes parents venir chercher un inhalothérapeute”, déclare le président de la FFMKR. « Rien que le week-end dernier, la permanence du kinésithérapeute respiratoire de Girond a été appelée 140 fois », écrit LCI.

Hospitalisation pour bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans par rapport aux 2 dernières années
Hospitalisation pour bronchiolite chez l’enfant de moins de 2 ans par rapport aux 2 dernières années © Santé Publique France

“Je rencontre le patient pour ça aujourd’hui”, déclare Antoine Rousseau de son côté, expliquant que ce n’est pas sa première. Mais cette année, “je suis presque sûr que je marcherai un peu plus sur la coquille d’œuf avec mes parents. Je dois expliquer davantage le processus à mes parents.”

Aujourd’hui, il n’existe pas de remède direct contre la bronchiolite et les méthodes existantes ne sont utilisées que pour soulager les symptômes de la bronchiolite. Pour éviter que les nourrissons ne l’attrapent, vous devez respecter les gestes barrières, porter un masque si vous toussez, et éviter les endroits fréquents. En France, 30 % des enfants de moins de 2 ans souffrent chaque année de bronchiolite, touchant près de 500 000.

Salomé Vinsendon

Salomé Vinsendon journaliste de BFMTV

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