France

Présidentielle 2022. Quand la cellule désinfox des Républicains prend la défense de Valérie Pécresse avec… une infox

La Bretagne… Une belle région pour que Marine Le Pen voyage à la campagne, notamment lorsqu’il s’agit de dénoncer l’éolien offshore, qui y est très présent. Le candidat du Rassemblement national veut en effet y mettre un terme. Et elle l’a fait savoir une nouvelle fois, lors d’une conférence de presse ce vendredi midi.

Ses premiers mots ont cependant visé sa rivale Valérie Pécresse (LR), et même son mari, Jérôme Pécresse. « En 2011, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a attribué quatre appels d’offres pour des éoliennes offshore. Si celui de Saint-Brieuc est pour l’Espagnol Iberdrola – permettez-moi de vous rappeler qu’au moment de l’attribution de cet appel d’offres, une certaine Valérie Pécresse était La ministre du Budget et son mari Jérôme Pécresse dirigeaient la filiale éolienne d’Alstom qui a remporté les trois autres contrats », a déclaré Marine Le Pen (dès 1 min 30 dans la vidéo ci-dessous).

L’attaque est nette. Et il convient que le parti républicain riposte.

Sur Twitter, une heure après cette déclaration, le compte « @RipostePecresse » a publié un message qui vise à « rétablir la vérité et combattre l’infox sur Valérie Pécresse » : « En 2011, Jérôme Pécresse était chez Imerys (et non Alstom) à la Il s’agit donc de diffamation, ou d’un nouveau moyen de générer du vent… »

Alors oui, mais en fait non. Jérôme Pécresse a bien travaillé pour Imerys, jusqu’en… juin 2011. Il a été nommé à cette date à la présidence d’Alstom Renewable Power, comme le dit Marine Le Pen. A l’époque, les médias La nouvelle usine, citant Reuters, s’en était également fait l’écho. Mais, surtout, le profil LinkedIn de Jérôme Pécresse en témoigne.

Il était donc effectivement président de la partie « énergies renouvelables » d’Alstom au moment de l’appel d’offres. Celle-ci a été publiée le 5 juillet 2011 au Journal officiel de l’Union européenne et le cahier des charges rendu public par le gouvernement français le 11 juillet. Les candidats avaient jusqu’au 11 janvier 2012 pour soumettre leur projet. Et c’est en avril 2012 que les gagnants ont été annoncés. Pendant toute cette période, Valérie Pécresse a en effet été ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État. Elle a servi du 29 juin 2011 au 10 mai 2012.

Qui a reçu les projets ?

Petite précision, cinq zones étaient concernées par l’appel d’offres (et non quatre, comme le dit Marine Le Pen) : il s’agissait du Tréport, Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc et Saint Nazaire. Cependant, l’un des projets n’a pas abouti, celui du Tréport, et quatre ont donc été retenus.

Encore une fois, Marine Le Pen dit vrai. Ailes Marines SAS, société composée principalement du groupe espagnol Iberdrola et Eole-RES, a obtenu le site de Saint-Brieuc. Areva était responsable de la fourniture des éoliennes. EDF EN et Dong Energy, regroupés au sein de la société Eolien Maritime France, ont obtenu les trois sites de Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Saint-Nazaire. Et c’est Alstom qui s’est chargé de fournir les éoliennes.

En fait, alors, tout est vrai. Quant à l’insinuation qui ressort de la déclaration de Marine Le Pen, en revanche, c’est une autre histoire.

Présidentielle 2022. Quand la cellule désinfox des Républicains prend la défense de Valérie Pécresse avec… une infox

Source link Présidentielle 2022. Quand la cellule désinfox des Républicains prend la défense de Valérie Pécresse avec… une infox

Back to top button