Économie

Printemps européen de Microchip

Par Cécile Boutelet

Publié aujourd’hui à 11h45, mis à jour à 11h46

GLOBALFOUNDRIES, la plus grande usine de micropuces d’Europe, agrandit un immense bâtiment près de la magnifique ville de Dresde en Saxe. Situé sur une colline verdoyante à quelques kilomètres au nord de l’Elbe, de l’Opéra Semper et de l’église Frauen, GLOBALFOUNDRIES est le voisin d’Infineon, le numéro un Bosch et des dizaines de sous-traitants en puces allemandes, et le célèbre institut de technologie. C’est un site de recherche y compris. Dresde dispose d’un grand laboratoire spécialisé dans les semi-conducteurs et les microprocesseurs.

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Une puce électronique est un doigt qui a le cerveau d’objets électroniques dans notre vie quotidienne, tels que les smartphones, les ordinateurs portables, les véhicules, les serveurs informatiques et les objets connectés, gravé sur la structure d’un millième de cheveux humains. C’est une carte sur la taille d’un ongle. Ce composant a longtemps été considéré comme un produit de base, mais il est devenu en quelques mois un enjeu géopolitique majeur. Sous l’influence de l’intensification des échanges numériques liés aux pandémies, la demande a explosé, provoquant une pénurie mondiale. Cela a révélé une énorme dépendance européenne vis-à-vis des fabricants asiatiques et américains. Même l’industrie automobile allemande a été contrainte de choquer tout le Rhin et de réduire considérablement sa production.

“Silicon Sachsen”

Pendant ce temps, à Dresde, l’usine de GlobalFoundries fonctionne à plein régime et les perspectives sont bonnes. La région, qui a été le centre des capacités majeures de la microélectronique depuis l’Allemagne de l’Est, a été rebaptisée “Silicon Sachsen” au début des années 2000 et anticipe l’âge d’or des puces européennes. La nouvelle étape de numérisation qui a commencé, production industrielle automatisée, intelligence artificielle et objets connectés, profite non seulement à certains savoir-faire européens, mais Bruxelles vient de faire de la microélectronique une priorité de sa politique. Renforcement de la “souveraineté technique”.

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Plus agressif dans l’accompagnement de certains secteurs jugés stratégiques (batteries, hydrogène), grâce à la collaboration entre la Commission européenne Thierry Breton et les ministres de l’Economie Bruno Le Mer et Peter Altmaier L’idée qu’une bonne politique industrielle est essentielle a émergé en Europe. Début décembre 2020, un plan de soutien dénommé «Piiec», un «projet important d’intérêt commun en Europe», a été annoncé pour soutenir l’investissement privé dans la microélectronique. Cela profite à l’Allemagne et à Dresde, ainsi qu’à plusieurs pays comme la France et l’Italie. Et les Pays-Bas. En fonction des demandes de l’entreprise, des fonds publics de 15 à 50 milliards d’euros peuvent être alloués.

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