Sigfox en redressement judiciaire, à la recherche de repreneurs

La société Sigfox, leader française des réseaux de télécommunication bas débits et de la connectivité de l’Internet des Objets, est actuellement en redressement judiciaire. La start-up toulousaine, qui a pourtant levé plus de 300 millions d’euros de fonds en 2020, se retrouve prise à la gorge et accuse un chiffre d’affaires trop bas pour sa rentabilité. Le principal coupable serait la crise sanitaire.

À l’inverse de secteurs florissants comme le comparateur de prêts Prêt-Équitable, Sigfox n’a pas su gérer la conjecture et cherche aujourd’hui un repreneur.

Criblée de dettes après la crise sanitaire

Chez Sigfox, il y avait de l’eau dans le gaz depuis septembre 2020, date où la start-up française annonçait un plan de licenciement et se débarrassait de 10 % de ses effectifs. Ses dirigeants ont évoqué la crise du Covid comme source de tous ses maux. Faisant face à une pénurie de composants et de semi-conducteurs, la société à perdu de nombreux marchés, comme celui de l’Allemagne en 2020. 

Ses ambitions en France et aux États-Unis ne se sont pas concrétisées non plus, et ce manque à gagner a précipité l’entreprise dans la dette. Sigfox regrette aussi d’avoir refusé une offre à un milliard de dollars datant de 2018, selon les propos de Ludovic Le Moan, ancien PDG. L’entreprise accuse aussi des changements dans sa direction, avec un nouveau PDG, Jeremy Prince, qui ont eu des effets sur sa cohésion globale.

L’ambition première de Sigfox était d’établir un réseau à bas débit pour l’ensemble de l’Europe et de réduire les coûts énergétiques de ses clients, mais ce modèle économique s’est heurté à une concurrence toujours plus rude. L’apparition de la 5G, notamment, a rendu le modèle difficilement rentable. Aujourd’hui, Sigfox propose des solutions de connectivité pour l’Internet des objets, et l’on compte plus de 20 millions d’objets connectés grâce à son réseau. Parmi ses clients, on compte notamment EDF qui réalise des économies sur les coûts de transports de gaz, mais également Free, qui utilise le réseau pour ses objets connectés.

Des perspectives d’avenir sombres pour SigFox

Le tribunal de commerce de Toulouse a procédé au redressement judiciaire de l’entreprise, ce qui signifie qu’elle continuera ses activités sous surveillance d’une autorité financière durant 6 mois. Si l’entreprise ne trouve pas d’acquéreur pendant cette période, plus de 350 employés risquent de perdre leur emploi dans la filière française (en Haute-Garonne) ainsi que dans le reste du monde, car Sigfox possède des antennes à Dallas, Madrid, Dubai, Singapour ainsi que Tokyo.

L’avenir est donc plutôt sombre pour cette “licorne” française, appelée ainsi, car elle était valorisée à plus d’un milliard de dollars. Il fut un temps où Sigfox était considérée comme un “chouchou de la French Tech”, et elle a pu bénéficier de levées de fonds importantes au cours de son histoire (plus de 300 millions d’euros en 2020, par exemple). Tous les facteurs cités précédemment (la Covid et la pénurie de composants) auront peut être raison de son modèle économique qui n’a pas jamais réussi à connaître la rentabilité.

Il est d’ailleurs fort possible que la reprise de l’activité soit rendue difficile par la concurrence du marché, car le modèle IoT perd du terrain avec l’apparition de la 5G. Pour l’instant, les 350 employés sur la sellette gardent leurs emplois, mais le destin de Sigfox sera connu dans moins de six mois.

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